Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /Mai /2009 22:31

Et oui le temps passe vraiment trop vite, déjà 4 mois que je suis au Brésil et je ne vois pas le temps passer… Je continue à m’occuper, entre mes cours de français à l’association, les cours d’anglais avec les petits de l’école et j’ai trouvé d’autres personnes pour des cours. Au milieu, je passe du temps aussi à l’association, je me balade, on sort dans des fêtes et j’organise ma petite vie…

 

 

Le Candomblé

 

Le 11 mai, Luciano m’a amené dans une cérémonie de candomblé, qui est un culte afro-brésilien très important dans l’Etat de Bahia et à Salvador. Salvador – qui compte pas moins de 365 églises, ce qui en fait la capitale religieuse du pays – est souvent appelée la Rome noire parce qu’elle abrite les plus anciennes et authentiques maisons de candomblé, qu’on appelle ici « terreiros de candomblé ». Dans quartier de Salvador, on peut se promener autour du Dique dos Orixas, un lac articifiel au milieu duquel sont élévées des statues avec les dieux du candomblé.

Cette religion est aussi importante que le catholicisme et tire ses origines comme son nom l’indique de cultes africains, importés par les esclaves de l’Afrique de l’Ouest. Elle a été interdite jusqu’en 1970 et a été – et est encore parfois – considérée comme une religion du diable… Chaque terreiro est « sous la responsabilité » d’un « pai de santo » ou « mãe de santo ». Ce sont eux qui dirigent les cérémonies en dansant en l’honneur des dieux du candomblé, les « orixas », et au son des percussions. Chaque danse et la musique qui l’accompagne sont un moyen de communiquer avec le dieu invoqué et il n’est pas rare que les pai et mãe de santo, ainsi que les fidèles, entre en transe au cours de ces cérémonies ; ce qui est parfois impressionnant…

Chaque orixa est associé à un élément de la nature : l’eau salée, l’eau fraîche, les chutes d’eau, les forêts, les plantes, les éclairs, la justice, le temps et bien d’autres. Chaque orixa a une représentation bien spécifique avec une couleur dominante. Chaque orixa peut être associé à un saint du catholicisme – d’ailleurs certaines prières en sont directement issues – et sera célébré aux mêmes dates.

Les « Bahianas », les femmes vêtues de blanc et vendant les acarajé dans les rues de la ville remplissent leurs obligations vis-à-vis de leur terreiro de candomblé.

 

La Chapada Diamantina

 

Le week-end du 16-17 mai, on est parti dans la Chapada Diamantina avec Luciano, ainsi qu’avec 2 anglaises (Lila et Julia) et un israélien (Naor). La Chapada, j’en avais déjà parlé lors de mon 1er séjour au Brésil, c’est un parc naturel national abritant des paysages magnifiques : massifs montagneux aux formes atypiques, rivières se succédant en innombrables et vertigineuses cascades, grottes aux formations rocheuses impressionnantes, bassins aux eaux cristallines, tout ceci au milieu d’une nature luxuriante et apaisante.

La Chapada est située à 500km de Salvador et s’étend sur une superficie de 84 000 km².

La ville principale est Lençois, petit village typique aux maisons colorées et aux rues pavées. A l’époque de « la ruée vers le diamant », c’était une ville très importante pour le commerce européen de joyaux.

Il y a plusieurs options pour découvrir la Chapada : des excursions à la demi-journée ou à la demi-journée avec des parcours de randonnées combinés avec des trajets en voiture, ou bien – et ça a été l’option choisie par notre groupe – des trekkings de 2 jours minimum jusqu’à 10 jours. Par trekking, on entend bien sûr sac à dos, chaussures de marche, tente et sac de couchage, nuits à la belle étoile et douche dans les rivières, souvent glaciales !!

 

Nous sommes partis en bus le vendredi 15 à 23h30 de Salvador pour arriver à 5h du matin à Lençois. Un ami de Luciano, Marcelo, qui est guide depuis plus de 10 ans dans la Chapada nous attendait. Il nous a accompagné jusqu’à une petite pousada où on a pu prendre une douche et se reposer quelques heures après le voyage en bus. Puis, samedi à 9h, tout le monde était prêt pour le fameux trekking de 3 jours. On a fait le trajet Lençois-Vale do Capão (une autre ville du parc) en voiture. C’est de là qu’a commencé notre aventure qui promettait d’être mémorable. Après une marche de 1h (la montée à été plutôt dure…), on arrive au sommet de la 1ère montagne d’où on peut avoir une vue sur le village de Capão et sur une partie de la Chapada. Puis encore 1h de marche pour arrivée au sommet de la « cachoeira da fumaça ». En se penchant par-dessus la falaise on peut voir un filet d’eau qui après une chute de 340 mètre de haut se transforme en nuages de bruine et en fumée (fumaça, d’où le nom cascade de la fumée). Vraiment magnifique et frissons garantis. La 1ère fois, j’avais vu cette cascade mais le temps été couvert et c’était moins impressionnant.

Après une pose photos, on a repris notre marche pour contourner la cascade et descendre la montagne. En route, traversées de rivières, escalade de rochers, chemins à travers la forêt, avec toujours des paysages magnifiques. Le soir on est arrivé à notre lieu de campement pour la nuit au creux d’une grotte et au bord d’une rivière. La 1ère journée a été bien fatigante et pour ceux (comme moi) qui n’ont pas vraiment l’habitude de marcher autant, avec qui plus est un sac de 10kg sur le dos, le repos était bienvenu. Après un brin de toilette rapide dans la rivière, Marcelo nous a préparé notre repas puis tout le monde est allé se coucher, pour une nuit à la belle étoile.


Le 2e jour, nouvelle excursion mais sans les sacs à dos car on devait ensuite revenir sur nos pas pour continuer le trekking. L’excursion du dimanche nous a amené au pied de la cachoeira da fumaça. La veille, on avait l’impression que le bassin d’eau où tombait l’eau de la cascade était minuscule mais il s’est avéré bien plus imposant vu de près. Malgré l’eau gelé qui nous tombait dessus en pluie fine et le vent, on s’est aventuré dans le bassin d’eau pour une baignade, très glacée !

Puis retour au campement, où finalement on est resté la 2e nuit car il était trop tard pour aller au 2e campement. Vers 17h, il a commencé à pleuvoir et on a du tous s’abriter dans la grotte pour une nouvelle nuit.

Le lundi, réveil matinal pour lever le camp vers 9h pour terminer le trekking. Et ça a sans doute été la journée de marche la plus difficile des 3 jours : accumulation de la fatigue, épuisement des muscles (je ne sentais plus mes jambes) et sac à dos, certes plus légers car moins de nourriture à porter. Malgré tout le dernier jour a été magnifique avec encore une fois des paysages magnifiques et des souvenirs plein la tête. J’aimerais pouvoir être écrivain pour vous décrire le mieux possible ce qu’offre à voir la Chapada mais je crois vraiment que le meilleur moyen de le voir de ses propres yeux. Même les photos que je mettrais plus tard sur le blog ne rendent pas aussi bien.

Si l’envie vous en dit, je connais un très bon guide !

Le lundi on est arrivé à Lençois vers 19h, totalement lessivés, surtout les nanas ! Normalement on devait reprendre le bus de 23h pour rentrer le soir même à Salvador mais le besoin de repos a été plus fort, et les 2 anglais et l’israélien voulait visiter un peu la ville de Lençois. Donc finalement, on est rentré à Salvador que le mardi après-midi.

 

Voilà pour les récits de mes dernières excursions. Il me reste 2 mois au Brésil et je suis en train de réfléchir pour aller, fin juin-début juillet, jusqu’à São Paulo rendre visite au couple qui m’y avait accueillie en 2007, puis aller jusqu’à Foz d’Iguaçu et ses fameuses cascades, et pourquoi pas aller jusqu’à Buenos Aires… Mais ce n’est pas sûr. Ce que je veux faire en priorité c’est faire un coucou à Adriana et Emerson et voir les chutes d’Iguaçu… Je vous en dirais plus la prochaine fois…

 

Sur ce, je vous laisse et vous dis à bientôt.

 

Abraços brasileiros.

Par Gaëlle.
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